Villard de Lans


    Villard-de-Lans appartient au parc naturel régional du Vercors. La commune est située au pied de la Grande Moucherolle, 2e sommet du Vercors, point culminant à 2285 m.

  La commune est parcourue par quatre rivières : la Bourne, la Fauge et sa cascade, le Corrençonnais, le Méaudret.

Historique

Du Moyen Âge au XVIe siècle

 

Fondé au XIe siècle, le territoire du Villard de Lans se structura en hameaux au gré des fronts de défrichements qui définirent les terroirs cultivables. Le bourg fut fondé au croisement de deux chemins existant depuis la République romaine, celui de Cassenatico (Sassenage) à Dea Augusta (Die) et celui qui reliait le Royans au Col Vert.

 

Sous suzeraineté des seigneurs de Sassenage, Villard de Lans fut cité pour la première fois en 1080 dans le cartulaire de Saint Hugues sous le vocable de Sancti Boniti di Vilar juxta Lanz, mais on ignore encore la raison du choix de ce saint patron. Le terme « du Villard » désigne dès sa fondation un ensemble d'habitats, un bourg, burgum dépendant alors du château de Corrençon.

 

Les gorges de la Bourne.

Au cours de son histoire, la paroisse resta la plus peuplée du massif du Vercors. Le 21 septembre 1145, une bulle papale confirme l'église Sancti Boniti di Vilari dans le diocèse de Grenoble (l'héritage antique situait la délimitation plus au nord, entre le col de l'Arc et la Bourne). Le « mandement du Villard de Lans », englobant les hameaux de Corrençon et de Méaudret apparaît à ce moment. Le mandement de Lans, son voisin, exerçait sa domination sur les paroisses de Méaudre et Autrans. L'ensemble était réuni sous la désignation des « Quatre Montagnes ».

 

Bourg commercial particulièrement actif et prospère, le Villard se voit octroyer à l'occasion de la charte des franchises de 1338 un article lui reconnaissant le monopole commercial de son marché sur l'ensemble des Quatre Montagnes. Sous l'épisode co-seigneurial de 1243-1360, le bourg est élevé au statut de capitale de la baronnie au même titre que Sassenage. Il devient un enjeu d'influence par le biais de transactions et de procédures juridiques.

 

Paroisse forestière, la communauté dudit lieu sut tirer avantage de ses forêts de résineux dès le XIIIe siècle en déployant un vaste réseau marchand réputé. En 1265, la première scie à eau du Vercors est mentionnée sur le domaine féodal de la Bessia (Les Blachons) ; au XVe siècle, quatre scieries fonctionnent et centralisent la transformation du bois des Quatre Montagnes.

 

Objet de toutes les attentions, la paroisse voit ses prérogatives augmenter au XVIe siècle. Le commerce du bois et l'agriculture céréalière garantissant la plus grande part des revenus de la baronnie de Sassenage.

 

Les guerres de religion et la faillite financière des barons au cours de la deuxième moitié du XVIe siècle entraîna la rupture des liens privilégiés entre le Villard et Sassenage.

 

Du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle

Plaque à l'École polonaise de Paris en mémoire des morts du lycée polonais Cyprian Norwid de Villard-de-Lans pendant la Seconde Guarre mondiale.

Autonome, la communauté augmenta massivement l'exploitation forestière au cours du XVIIe siècle, permettant à quelques familles locales d'en tirer des profits considérables (Ravix-Delors, Gaillard, Lavallonne). Lié économiquement au Pont en Royans, le Villard de Lans utilisa sa position au cœur des montagnes pour s'instaurer comme un carrefour marchand incontournable. Le « Breuil » ou champ de foire, issu du Moyen Âge, devint un marché référent pour l'ensemble du Vercors.

 

Le XVIIIe siècle vit le florissement des domaines agricoles particuliers, chaque hameau dépendant la plupart du temps d'une famille « châtelaine » exploitant des fermiers. L'état du couvert forestier, dévasté par la surexploitation privée pose problème dès 1700 et il apparut nécessaire d'inverser ce phénomène.

 

En 1780, les premières mesures furent prises avec la saisie des fustes (grumes) dans les six scieries de la paroisse. En 1782, pendant trois jours, les commissaires enquêteurs saisirent plus de 5 000 fustes malgré l'opposition de la population. La destruction de certaines scieries fut ordonnée.

 

La Révolution française, suivie avec enthousiasme par les Villardiens, fit surgir des « querelles de clochers » lors de l'effondrement des mandements seigneuriaux. Chaque commune réclamant son autonomie. Lans et Le Villard se disputèrent le titre de chef-lieu de canton, finalement obtenu par le Villard qui avait su conserver l'intégrité de son mandement. Néanmoins, une scission apparut en 1808 avec le hameau de Corrençon, réclamant la part de ses droits féodaux sur les bois noirs de Corrençon et une partie de la forêt de Charpennel.

 

En 1812, le dernier grand incendie qui dévasta la majeure partie du bourg, dont la maison bourgeoise de Mme de Lavallonne (les précédents eurent lieu en 1649 et 1763), obligea les habitants à investir dans les toitures en tuiles et la création d'un embryon de protection contre les incendies avec la réforme de l'ancien chemin de ronde médiéval pour la surveillance des incendies. La dispersion des biens seigneuriaux permit l'investissement de certaines familles, issues des anciens notables du XVIIIe siècle, qui surent tirer profit des nouveaux liens avec les places financières. Rapidement, le bourg du Villard-de-Lans fut ceinturé de maisons de maîtres, propriétés de familles de notaires ou notables (Bertrand-Jullien, Jourdan, Lavallonne, Achard-Piccard, Nicollet, Cocat, etc.). Cette même année, le bourg accueillit sa première école.

 

En 1857, après près de 50 ans de procès et de négociations, le hameau de Corrençon se détacha de la commune du Villard-de-Lans et s'érigea en commune indépendante.

 

En 1888, Villard-de-Lans devient une des premières communes de France électrifiée grâce à l'ingénieur Séraphin Achard-Picard.

 

Le XXe siècle

 

Après la Première Guerre mondiale, de 1920 à 1938, Villard-de-Lans fut accessible de Grenoble par le Tramway Grenoble - Villard-de-Lans.

 

Villard-de-Lans prévoyait de se doter d'une ligne de chemin de fer à crémaillère, la Patache, à l'horizon 2008. La ligne de 6 km devait passer par l'ouest du village, partant du parking de la combe Fichetaire pour rejoindre les Sagnes, l’Essarton, desservir la Maison médicale, la colline des Bains, le lycée, et relier la Côte 2000 puis les Charpennes avec plus de 2 000 voyageurs en une heure et par tous les temps. Le matériel roulant devait être récupéré du métro Ouchy à Lausanne. Suite aux élections municipales de 2008, le projet a été annulé par la nouvelle équipe, le jugeant trop coûteux.

 

Le ski, jusqu'alors moyen de transport, devient un outil économique. Certains Villardiens s'y adonnent et deviennent champions. Parallèlement, Villard-de-Lans fait de son climat un atout tant sur le plan touristique que sur celui de la santé. Le village connaîtra alors jusqu'à la fin des années 1970 la grande période du climatisme. L'air pur des montagnes sera bénéfique à de nombreux enfants. Dès lors, Villard devient une station climatique renommée dans toute la France. La station est alors fréquentée par les grands du monde : l'impératrice austro-hongroise Zita, le roi du Maroc Hassan II, Georges Guétary, Fernandel, Hugues Auffray, Brigitte Bardot, Henri Cochet, Georges Perec.


Le monument des jeux olympiques d'hiver de 1968.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Villard-de-Lans accueille le seul lycée polonais de l'Europe occupée, installé dans les bâtiments de l'hôtel du Parc et du château.

 

Le 9 juin 1944, quelques jours après le débarquement des troupes anglo-américano-canadiennes en Normandie, l'immense majorité des hommes valides de Villard-de-Lans rejoignent le maquis en réquisitionnant tous les cars et toutes les voitures de la compagnie Huillier. Grâce à un stratagème (faux enlèvement), les gendarmes de la commune rejoignent le maquis.

 

Peu après la proclamation de la république du Vercors, le 14 juillet, Villard-de-Lans est occupé. Le 23 juillet, le hameau de Valchevrière, ainsi que les fermes de Roche et Mistri, sont incendiés. La population villardienne et le maquis paieront un lourd tribu.

 

Malgré les conséquences de la guerre, le village continue son expansion. Le projet d'aménagement de la côte 2000 se concrétise avec la construction de la première télécabine en 1951. La station accueille alors les championnats de France de ski en 1953 et 1969. En 1964, le lycée climatique Jean Prévost accueille ses premiers élèves.

 

Les Jeux Olympiques de 1968 renforcent la notoriété de Villard-de-lans et du plateau des Quatre Montagnes et permettent le développement des voies d'accès au plateau du Vercors. Villard-de-Lans a l'honneur d'accueillir les épreuves de luge sur les pentes de la Balmette.

 

Si le tourisme reste de nos jours l'activité principale du village, l'agriculture et l'exploitation forestière demeurent des incontournables qui ont, depuis toujours, joué un rôle primordial dans la vie des Villardiens.

Économie

L'économie de Villard-de-Lans repose essentiellement sur le tourisme, avec de nombreux commerces ouverts toute l'année, ainsi que les équipements suivants :

 le domaine skiable de Villard-de-Lans Corrençon-en-Vercors ;

 un casino ;

 une patinoire qui propose chaque année des matchs de hockey sur glace, avec notamment l'équipe les Ours de Villard-de-Lans, et des représentations du club de patinage artistique ;

 un centre aquatique comprenant des piscines intérieures (à vagues) et extérieures ainsi que des toboggans et salles de remise en forme (sauna, jacuzzi et salles de musculation) ;

 un bowling ;

 un musée sur le patrimoine et l'histoire locale.

 

Villard-de-Lans a toujours été reconnu pour son agriculture. Une race bovine porte son nom (la Villard-de-Lans ou Villarde). Cette commune du Vercors fait partie de l'AOC Bleu du Vercors-Sassenage. De plus la bière14 du Vercors biologique est élaborée à Villard-de-Lans depuis le printemps 2009.

 

Le bourg est un centre économique sur le plateau des quatre montagnes. Ses commerces permettent d'éviter à de nombreux habitants de se rendre à Grenoble pour y trouver les produits du quotidien. Une zone d'activités commerciales se trouve au hameau des Geymonds, et un centre de télétravail au cœur du village accueille de nombreux salariés du tertiaire.

Lieux et monuments


La statue de l'Ours, située sur la place de la Libération, qui est l'emblème du village.

 La piste de luge olympique en béton.

 Une église est présente en plein centre de la commune.

 Un temple protestant évangélique est présent au hameau les Geymonds.

Gorges de la Bourne.

 Valchevrière, haut-lieu de la résistance française.

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